
BONJOUR MONDE François Duconseille, Agnès de Cayeux et Estelle Senay ÉTUDIANTS : Irène Tchernooutsan |
Dans le cadre du partenariat entre ESADS et la Communauté urbaine de Strasbourg. |
Vingt-deux étudiants étrangers actuellement en séjour d’études à l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg réalisent un accrochage valorisant leurs recherches entreprises à l’ESADS. Cette mise en situation leur permet d’affirmer une autonomie ainsi qu’une forte capacité à se projeter dans une aventure collective. Cet accrochage met l’accent sur l’engagement de l’ESADS dans l’accueil de jeunes créateurs en provenance des 14 pays suivants : Allemagne, Autriche, Belgique, Canada, Estonie, Etats-Unis, Hongrie, Pologne, République Tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Suisse. L’ESADS invite les étudiants et le public à se retrouver chaque semestre autour des réalisations des promotions d’Exchange Boulevard. Ces rencontres, à chaque fois singulières, permettent d’élargir les horizons, de favoriser la découverte de l’autre et d’inciter aux projets de mobilité. Coordination: Jean-Claude Luttmann, artiste enseignant et référent auprès des relations internationales.
|
Avant Première est une exposition de travaux d'étudiants au sein du bâtiment historique de l'École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg. En proposant une réflexion sur la notion de réseau, l'exposition met à la disposition d'une quinzaine d'étudiants-commissaires ayant chacun à sa charge un petit nombre d'exposants, un nombre équivalent de salles, envisagées comme autant d'espaces d'expérimentation et de dialogue. À l'initiative d'étudiants de l'école, cet événement vise à encourager les élèves, toutes années et options confondues à se questionner sur la cohabitation de leurs travaux avec ceux des autres. Exposition présentée dans le cadre du week-end de l'art contemporain, 19 & 20 mars 2011. www.artenalsace.org
Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, C'est un immense honneur pour Avant Première de revenir à l'Esads ; le succès de la première édition nous ayant poussé à réitérer l'expérience, nous sommes très excités à l'approche du vernissage. Vous allez être amenés à voir des travaux d'étudiants choisis parmi les productions de l'école par une quinzaine d'autres étudiants qui ont pris le rôle de commissaires. Ces commissaires donc, ont fait leur choix parmi toutes les années, toutes options confondues ; ils ont néanmoins réfléchi leur salle avec un souci de cohérence et porté une attention particulière à la résonance des travaux entre eux (pour ceux qui n'auraient pas été choisis, un petit déjeuner de consolation est prévu samedi 19 mars à l'annexe). Ces travaux d'étudiants, manquant toutefois pour la plupart cruellement de maturité, nous demanderons de votre part une certaine indulgence, indulgence qui ne devra cependant pas être visible. Il ne s'agira donc point de dire "c'est bien fiston", mais plutôt "tu m'as bien soufflé sur ce coup-là". N'en faites pas trop non plus : l'étudiant de l'Esads, loin d'être vif, est néanmoins doté d'une très grande sensibilité. Il sentira si vos compliments sont trop feints, ou trop excessifs (une demande d'autographe n'est pas à envisager par exemple, tandis que de se faire prendre en photo avec lui lors du vernissage peut flatter son ego tout en gardant un esprit festif fort sympathique). Cela demande, je vous l'accorde, une gymnastique sociale ardue. Si vous ne vous en sentez pas capable, contentez-vous d'un léger hochement de tête accompagné d'un petit sourire (pas un rictus hein, un sourire) lorsque vous croiserez un étudiant. Il est vrai que ces élèves ont parfois de drôles de pulsions, mais ne raconte-t-on pas que le musicien Rameau, alors qu'il était en visite chez une dame, jeta un petit chien par la fenêtre sous prétexte qu'il "aboyait faux" ? Un jour, un professeur de cette école dont je tairai le nom, me raconta un de ses rêves : on l'obligeait à avaler une soupe dont il ne voulait pas, persuadé que les bouts de viande qui trempaient dedans étaient des bouts de chair humaine. Mais on insistait et on le persécutait tellement qu'il réussit à la finir en se persuadant qu'il s'agissait de morceaux d'élèves. Il en éprouva même "un certain plaisir", me confia-t-il. Malgré tout cela, ne vous effrayez pas si vous rencontrez un étudiant ; ce sont finalement des êtres assez simples, dotés souvent d'une grande générosité et d'une curiosité sans faille. Et s'ils s'exposent aujourd'hui, c'est vous qu'ils attendent de voir. Quant au dress code lors du vernissage, je me référerai à cet article du Nouvel Observateur de janvier, qui décrit les élèves d'une autre grande école d'art parisienne ainsi : « Ils patrouillent en petits groupes, les uns en tenues excentriques : bonnets indiens multicolores, kimonos à fleurs, les autres à l'allure sage d'ingénieurs, cabans et pulls sombres » (on peut dire que ce journal porte bien son nom ; l'incroyable sens de l'observation de cette journaliste est tout simplement époustouflant). Ce qui vous laisse donc trois options si vous ne voulez pas être à côté de la plaque : trouver un bonnet indien multicolore, voler un kimono à fleurs, ou mettre un pull et un manteau sombre (elle ne dit pas si certains mettent les trois à la fois), et de vous rattacher à un groupe. La journaliste ne parle pas du pantalon, ni des chaussures ; j'imagine que c'est parce que, esprits libres et purs, les étudiants n'en portent pas. En parlant d'esprit libre, au XVIII ème siècle, un Anglais soutint la thèse que nous ne mourons que par coutume. Il ne s'agit pas ici de rentrer dans des considérations morbides, et plutôt que de ricaner, d'essayer de comprendre. Supposons que cela soit vrai : imaginez la découverte ! Nous n'avons plus qu'à nous séparer de cette vilaine habitude ; comment n'y avions-nous pas pensé plus tôt ? C'est exactement la même question qui s'est imposée à tous lors de la première édition l'année dernière, d'Avant Première ? Bonne visite ! Prenez garde à tout ce qu'on a dit plus haut, et tout devrait bien se passer. La Porte Parole d'Avant Première |